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Le Clip narratif (1ère partie)

A-ha, Take on me (Steve Barron, 1985)

 

A l’époque, c’était un must. Musicalement, on peut oublier, mais le clip reste – visuellement – intéressant, car il renoue avec une autre veine de l’étude picturale, la bande dessinée. Et c’est en cela que Barron, grand clippeur des années 80, a innové et s’est fait un nom. Le clip nous parle parce que la narration est quasi omniprésente. Une jeune femme, dans un restaurant, lit sa BD préférée. Une sombre histoire de rivalité dans le milieu de la course automobile avec comme héros, un beau gosse incarné par le chanteur du groupe. Puis, c’est l’effet Alice au pays des merveilles, où l’on voit l’héroïne, traverser le miroir pour se retrouver dans un rêve fait de bulles et de lignes noirs. Un moment magique !

Samir Ardjoum

 

IAM, Je dans le Mia (Michel Gondry, 1994)
NTM, La Fièvre (Seb Janiak, 1995)

Les deux monuments du rap français se sont révélés au grand public grâce à ces clips. On retrouve leur divergence de style aussi bien dans la musique que dans le rapport à l’image. IAM a toujours eu un faible pour les références cinématographiques et la dérision, ce qu’on retrouve dans la vidéo de Michel Gondry qui apporte sa touche conceptuelle au montage. La vidéo de La Fièvre du photographe Seb Janiak est d’avantage ancrée dans une réalité à l’état brut sans artifice ni maquillage. Qu’elle soit stylisée ou ultra-réaliste, la réalisation renforce la narration de ces deux chansons.

Csaba Zombori

 

Prodigy, Smack my Bitch Up (Jonas Akerlund, 1997).



 

On se doutait bien qu’avec un titre comme Smack mt Bitch up, dont la musique avait déjà fait scandale en étant taxée de misogyne, les Prodigy n’aillaient pas faire un clip à la Disney. Ils embauchent le suédois Jonas Akerlund et lui demandent de faire clairement dans la provocation trash, en filmant une nuit de débauche, défonce et violence en caméra subjective. Le retournement de situation, jouant sur les préjugés et le contenu prétendument misogyne du groupe, ne calme pas les détracteurs et alimente au contraire encore plus la controverse. La vidéo est rapidement interdite à la télévision, avant que MTV, sous la pression des fans, concède à la montrer avec avertissement après minuit. 13 ans plus tard, le clip reste l’un des plus hardcore et violent jamais réalisé, et on ne s’en lasse pas.

Victor Lopez

 

Leftfield, Africa Shox (Chris Cunningham, 1999)

 

Parmi les impressionnants travaux dont est capable ce génie dérangé qu'est Chris Cunningham, se distingue ce clip, construit comme une sorte de course poursuite urbaine haletante. Dès lors que le malheureux protagoniste perd son bras, l'ambiance thriller urbain se mue en un objet troublant, déroutant, éprouvant, derrière lequel s'élève une critique rude et sans appel de l'indifférence du monde occidental face à la souffrance de l'Afrique en particulier et du tiers monde en général. Edifiant.

Nicolas Pratviel