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Andrzej Wajda ou « l’envie de dépasser les difficultés de la vie à travers des mots et des images d’une étincelante rage »

  Par Laurence Kerhornou le 2010-03-02 15:06:25

La Cinémathèque de Paris organisa depuis le 9 février une énorme rétrospective autour d’Andrzej Wajda, figure légendaire du cinéma polonais. Focus sur une personnalité hors du commun. Le cycle se terminera le 14 mars…

Sommaire

L'histoire avec un grand "H"
Jeunesse volée par la guerre
Folie et Rédemption par l’amour
Barbarie
Mensonge d’état
Notes d’humour et d’espoir
Critique DVD "Katyn" de Sonia Deschamps

Barbarie

« La barbarie dure des siècles, il semble que ce soit notre élément ; la raison et le bon goût ne font que passer ». Jean Le Rond D’Alembert .

Toujours dans Katyn, on y voit L’Allemagne et l’URSS envahir la Pologne. Les hommes sont encerclés, pris au piège sur ce grand pont de l’histoire que Wajda filme dans son tout premier plan. Un soldat accompagne des milliers d’autres déportés. Le film retrace le combat de ceux qui sont restés et ont soutenu que les responsables du massacre de Katyn fussent non pas les Allemands mais les Russes. Ce film est important pour Wajda car il a perdu son père dans les mêmes circonstances et a vu sa mère attendre le disparu toute sa vie. Totalitarisme ou l’horreur programmée, Wajda filme à la chaine les milliers de soldats tués d’une balle dans la tête, basculés à la brouette vers l’extérieur et jetés dans des charniers recouverts à la pelleteuse…tout ça dans le silence le plus absolu, sans aucun cris ni aucune explication.

Korczak (1990), retrace l’histoire vraie d’un médecin qui sacrifia sa vie aux enfants orphelins dans le Ghetto de Varsovie. Un film poignant et exacerbé par le noir et blanc qui retrace la vie d’un homme au service des enfants. A sa sortie le film rencontra de vives polémiques. Les critiques n’arrivèrent pas à laisser Wajda à sa place.

Pourtant, il reste un artiste pas un historien. Il utilise une histoire pour faire une œuvre d’art tissée d’allégorie. Dans la dernière scène, le wagon se détache du train, les enfants en sortent tout de blanc vêtu et entrent en courant dans une nappe de brouillard. Tout cela est filmé au ralenti et évoque la mort du groupe dans les chambres à gaz en août 1942 à Treblinka. Les nombreux  documentaires nous ont assez montré l’horreur de la Solution Finale, comment en vouloir à Wajda de détourner l’impensable par une image splendide. Le message est passé d’une manière lyrique, pas besoin d’images d’archives.