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United States of Tara Vs Nurse Jackie

  Par test le 2010-04-28 09:24:20

Deux séries où le protagoniste est une femme. Deux séries où la paranoïa qui sévit aux States est purement conséquente. Deux séries inégales sur certains points mais qui méritaient d'être analysées. Deux belles séries en somme !

Sommaire

Nurse Jackie (Saison 1 / créée par Linda Wallem, Evan Dunsky et Liz Brixius)
Nuse Jackie (Saison 2 / Episodes 1-5)
United States of Tara (Saison 1 / Créée par Diablo Cody)
United States of Tara (Saison 2 / Episodes 1-5)

Nurse Jackie (Saison 1 / créée par Linda Wallem, Evan Dunsky et Liz Brixius)

Critique de Csaba Zombori :

 

Après des rôles remarqués et remarquables dans Oz et The Sopranos, Edie Falco nous fait le plaisir de revenir sur le petit écran dans la peau d’un personnage puissant et faillible, l’infirmière en chef du All Saints Hospital de New York, Jackie Payton. Nurse Jackie n’est pas une énième série hospitalière aux opérations chirurgicales improbables et aux amourettes d’internes adolescents, elle propose un regard nouveau sur la vie hospitalière où les stars sont les infirmiers, antihéros par définition.

Comme l’explique Jackie à la jeune infirmière qu’elle chaperonne, « les médecins diagnostiquent, les infirmières soignent ». La série joue sur cette frontière entre ces deux corps de métier qui doivent cohabiter et se supporter pour le bien des patients. Un jeune médecin au sourire commercial, fraichement débarqué de ses études représente ces fous du bistouri et des nouvelles technologies complètement dépassés par la réalité du quotidien et les besoins du patient. La passerelle entre ces deux mondes opposés mais tellement dépendants est cette forte amitié qui lie le Dr. O’Hara, passionnée de mode et de grands restaurants à Jackie jonglant avec les factures impayées. Quand elle quitte son univers professionnel éreintant, Jackie retrouve son mari dévoué et ses deux gamines aux têtes blondes qu’il faut nourrir et éduquer. Sauf que pour tenir moralement, Jackie se shoote aux médicaments que son amant, le pharmacien de l’hôpital lui offre consciencieusement. La série place encore une fois Jackie dans deux univers parallèles symbolisés par cette alliance qu’elle enlève à l’hôpital et remet sur son paillasson. L’équilibre autour d’elle qu’elle a façonné pour survivre se fissure progressivement tout au long de la première saison. Que deviendra Jackie quand son amant sera remplacé par un ordinateur qui ne pourra plus la fournir à sa guise de produits stupéfiants ? Et que deviendra Jackie sans son amant ?

Les épisodes se veulent réalistes, sans suspense incohérent dans un format 25 minutes offrant forcément moins de patients mais étudiés avec plus de profondeur. Et c’est aussi un soulagement de rencontrer des patients aux pathologies différentes des héros qui s’en occupent échappant à cette facilité scénaristique déconcertante, qu’on retrouve dans la plupart des séries hospitalières, d’insérer un parallèle évident entre les soucis des docteurs et ceux de leurs patients. Dans Nurse Jackie, pas de gros plans larmoyants sur un mourant expliquant la vie à un chirurgien bêta, les patients existent et se concentrent avant tout sur leur problème de santé. Un patient logique. Les scripts débordent d’ironie et de personnages secondaires fouillés, interprétés avec justesse agrémentée d’une légère pointe de folie. Une première saison plaisante à suivre qui bouscule sans cesse notre morale interne.

Jackie contourne les règlements et normes, le téléspectateur l’accepte et peut difficilement la condamner. Elle lutte pour être irréprochable envers ses patients, envers ses enfants, envers son mari et en vers son amant tout en se détruisant par la drogue et la misère du monde qu’elle côtoie et assiste au quotidien. Jackie Payton a des airs de Hank Moody de Californication. Un personnage un peu rebelle si proche du bonheur mais qui s’en éloigne inconsciemment, gratiné d’un humour piquant et d’un regard froid sur leur existence. Ces deux séries originales et piquantes sont diffusées par la même chaîne du câble américain, Showtime, preuve que la liberté créatrice reste le salut des séries télévisées.