Gérard Depardieu en 20 Films
Par Nicolas Pratviel le 2010-04-22 11:18:34Figure majeure et incontournable du cinéma français depuis le milieu des années 70, Gérard Depardieu a dominé son art avec une voracité pantagruélique pendant la décade 1975-1995. Depuis quinze ans en revanche, Gégé le boulimique s'est souvent perdu dans des films voire des téléfilms indignes de son talent, pour de trop rares réussites venues à chaque fois pourtant rappeler à quel point son génie demeure. "Mammuth" est de celles-ci. Flashback sélectif, exceptionnellement non pas sur dix mais vingt films symbolisant la grandeur de l'artiste.
Sommaire
Les Valseuses - 1900 - Buffet froid - Loulou - Le dernier métroLa chèvre - Le choix des armes - Danton - Jean de Florette - Tenue de soirée
Sous le soleil de Satan - Camille Claudel - Uranus - Cyrano de Bergerac - Christophe Colomb
Germinal - Le colonel Chabert - Quand j'étais chanteur - Mesrine: l'instinct de mort - Mammuth
Les Valseuses - 1900 - Buffet froid - Loulou - Le dernier métro
1974 – Les Valseuses (Bertrand Tavernier)
Quatre ans après sa première incursion cinématographique dans Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques de Michel Audiard, il trouve son premier grand rôle dans ce long métrage de Bertrand Blier, un autre dialoguiste hors-pair. Le succès est énorme, sa prestation avec Patrick Dewaere et Miou Miou devient vite culte. L'ouragan Depardieu est en marche. Il retrouvera six fois la route de l'ami Blier, avec à chaque fois dans des oeuvres aussi décapantes que singulières, parmi lesquelles Préparez vos mouchoirs (1978), Tenue de soirée (1986), Trop belle pour toi (1989)...
1976 – 1900 (Bernardo Bertolucci)
A peine confirmé dans son statut d'acteur qui monte, notamment avec Barocco d'André Téchiné (1976), Depardieu s'ouvre déjà à l'international. A l'Italie plus précisément où il entame sa courte période transalpine avec cette ambitieuse fresque de Bernardo Bertolucci qui retrace tout un pan de l'histoire italienne. Dans ce film, très politique et aux scènes parfois crues, sa performance ne souffre d'aucun complexe face à Robert De Niro, alors en passe de devenir, lui, le meilleur acteur de la planète. Suivront deux films de Marco Ferreri, dont le drame sexuel La dernière femme (1976), et Le grand embouteillage de Luigi Comencini (1979).
1979 – Buffet Froid (Bertrand Tavernier)
Troisième collaboration avec l'ami Bertrand Blier, qui lui confronte son propre père Bernard et leur grand ami épicurien Jean Carmet, dans un film à la radicalité narrative synonyme de suicide commercial, malgré les 700 000 entrées enregistrées (!). Le film, baignant dans une ambiance de glaciale néo-urbanisation, est un exercice de style souvent déroutant voire incompréhensible, dans son propos de stigmatiser l'incommunicabilité entre les êtres. Depardieu, qui prend déjà tant de place à l'écran, s'efface volontiers et sans peine avec un rôle de paumé, face aux deux gueules qui l'encadrent. Buffet Froid et Mon oncle d'Amérique (d'Alain Resnais) l'année suivante marquent la fin de son cycle films d'auteurs (Maîtresse de Barbet Shroeder, 1976, La femme gauchère de Peter Handke, 1978), parfois à tendance expérimentale (Le camion de Marguerite Duras, 1977).
1980 – Loulou (Maurice Pialat)
La rencontre avec Maurice Pialat, réalisateur réputé pour son intransigeance et sa dureté sur les plateaux, à qui Depardieu oppose la même fougue et une énergie artistique sans borne. L'acteur renfile à nouveau le costume du loubard qui le révéla dans Les Valseuses, et qui fut surtout le sien avant de devenir acteur. Le tournage n'est pas sans heurt, et se conclut sur une dispute avec Pialat avec lequel il restera fâché pendant des années. Néanmoins ils se retrouveront cinq plus tard dans Police.
1980 – Le dernier métro (François Truffaut)
Le film à travers lequel le cinéma français, via les Césars, consacre le talent de Depardieu et sacre enfin François Truffaut. L'acteur se fond sans peine dans l'univers du réalisateur qui regroupe dans ce film-somme de nombreux thèmes qui lui sont chers : le triangle amoureux, le théâtre comme scène de la vie, le monde des comédiens, la tolérance, en situant l'histoire pendant l'occupation allemande. Depardieu y forme un couple de cinéma mythique avec Catherine Deneuve, qu'il retrouvera pour un septième film en commun à l'automne, dans Potiche de François Ozon.












