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Festival Séries Mania : Bilan d’une semaine de séries.

  Par Victor Lopez le 2010-04-19 13:00:26

Une semaine durant, le Forum des Images a fait plaisir aux globe-trotters sériephiles en proposant des séries venant des quatre coins du monde. Bilan de ce voyage télévisuel.

Sommaire

Around the world
American Way of life

"Be Tipul" : Israël sur le divan Américain.
Une histoire de séries chinoises.
La France, la nuit.
Bonus : Clyde Phillips dévoile la fin de « Dexter » !
Bonus 2 : Propos entendus.

Around the world

Le Forum des Images avait fait les choses en grand pour accueillir les séries dans son antre cinéphile. Avec son imposante campagne publicitaire, ses invités de marque, le large accompagnement des œuvres sélectionnées, et les avant-premières attendues, la première saison de Séries Mania avait tout pour attirer l’amateur de série et le cinéphile curieux. Le forum lui-même avait sympathiquement revu sa décoration en s’habillant des installations malines d’Exergian qui revisite les séries télés de son style minimaliste et évocateur (et dont on peut découvrir quelques illustrations dans nos pages), et de François Yordamian, qui a repéré et isolé les gestes récurent des Feux de l’amour

On peut alors se demander si le résultat est à la hauteur des moyens déployés. Le public était certes parfois nombreux (5 500 visiteurs se sont, au total, rendus à l’ancienne vidéothèque), mais les salles n’étaient pas pleines et les mêmes habitués se croisaient à toutes les projections. Le public de trentenaire branché qui fréquentait le forum du 6 au 11 avril constituait en effet la niche d’amateur de séries cinéphiles et déjà conquis par un tel principe, prêt à se déplacer et à payer pour voir sur grand écran des œuvres qu’ils connaissent déjà via le téléchargement. Ni le grand public découvrant ses feuilletons à la télévision, ni le cinéphile ne regardant pas la télé, ne semblent s’être donné rendez-vous au Forum. On regrette alors que certains concepts n’aient pas été plus généralisés (les intégrales ont très bien marchées, True Blood attirant plus de 250 vampires prêt à se priver de lumière 13 heures durant, et auraient pu être plus nombreuses) et des séries peut-être plus pointues et moins connues présentées (même si les spectateurs étaient pour cette première édition plus enclin à revoir un FlashForward disponible légalement sur le net depuis 6 mois qu’à découvrir des séries chinoises, comme les cinq courageux cobayes dont votre serviteurs peuvent en témoigner).

En l’état, la manifestation ressemblait à un rassemblement de connaisseurs éclairés, partageant une passion commune et aux goûts assez similaires. Il est à ce propos étrangement amusant de constater que la liste des 10 meilleures séries de la décennie demandées aux critiques animant la table ronde d’ouverture se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, et ce qu’elle vienne d’un journaliste aux Inrocks ou à Télé2Semaines. Si on peut être sûr qu’aucun film commun n’apparaitrait dans leur classement cinématographique, ils s’accordent à citer The Wire et Les Soprano comme meilleures séries du monde, 24 et Lost pour les plus belles créations des Networks et Engrenage et Pigalle, la nuit pour les fleurons français.   

Mais qu’importe ! Les happy few ont été comblés, notamment et surtout par la richesse des débats, que ce soit lors des passionnantes tables rondes, ou à l’occasion de rencontre avec des créateurs de séries. On a pu notamment parfaire notre culture en approfondissant notre connaissance sur la manière très codifiée et complexe dont les séries sont produites. Brannon Braga, créateur de FlashForward et scénariste des deux excellentes dernières saisons de 24 et Clyde Phillips, showrunner de Dexter nous ont éclairé de leurs expérience. Car même si la suprématie du modèle américain en matière de série ne peut être remise en question, une large sélection internationale a aussi pu nous permettre de faire le point sur la production mondial. Si l’Angleterre, très présente avec 6 séries dont Criminal Justice, Skins et Misfits n’est pas évoquée ici, c’est que la richesse de sa production mériterait un dossier à elle seule. Nous feront cependant halte en Israël, en Chine et en France, dont le pouls a pu être pris de manière assez précise cette année.