24 Heures Chrono : Compte à rebours.
Par test le 2010-03-20 12:58:43Alors que Canal + a terminé la diffusion de la septième saison, et que la Fox entame celle de ce qui pourrait être la dernière, CinéMove revient sur une des séries majeures de la décennie écoulée : "24 Heures chrono", décortiquée ici minutes par minutes.
Sommaire
Le temps de 24.Saison 7 : Nouveaux territoires ? (1)
Saison 7 : Nouveaux territoires ? (2).
Saison 8 : Premières impressions.
Kiefer Sutherland : acteur de cinéma ?
Jack Bauer : le nouveau John McClane ?
Le temps de 24.
Présentation de Victor Lopez.
L'élection d'Obama à la présidence américaine a fait surgir d'étranges discours sur l'influence d'une série comme 24, qui présentait, dès sa seconde saison, le charismatique Palmer à la maison blanche, sur le jeu politique américain. Sans rentrer sur ce terrain un peu glissant de l'impact des séries sur les choix politiques d'un pays, il est évident que 24 est depuis 2001 un fascinant miroir des peurs et des contradictions de la société et de la mentalité américaine. Tout y passe : menace terroriste du Moyen-Orient à l'Afrique, corruption interne, complot d'un complexe militaro-industriel tout puissant, peur des pays comme la Chine, explosion nucléaire, etc. Et la série arrive ainsi forcément à avoir un peu d'avance pour prendre la température politique de son pays.

Géniale représentation de l'inconscient américain (elle même sans doute inconsciente, grâce à un mode d'écriture collectif et "automatique"), la série se permet même d'évoluer en même temps que la société américaine, mettant en question à la fin du mandat de Bush son propre discours dans une excellente saison 5, digne des thriller de gauche américains des années 70, après 4 saisons à la morale plutôt réactionnaire - malgré la bienveillance de la série à l’égard des présidents Démocrates, et sa méfiance des « élus » Républicains...
Porteur de ces évolutions et de ces contradictions, le personnage de Jack Bauer, martyre iconique tel que seuls les États-Unis savent encore les construire, traverse la série comme un chemin de croix sacrificiel. Si ces actions sont nécessaires, elles n'en sont pas moins moralement impardonnables, et le héros a alors sans cesse besoin de les expier. A l'issu de la première saison, c'est sa femme Teri qu'il perd comme récompense pour ses bonnes actions. Torturé, emprisonné, renié, jugé, Jack Bauer n’arête alors plus de payer pour les péchés de son pays.

Pour mettre en scène les souffrances de ce héros américain, complexe et ambigu, et peut être le seul véritablement marquant de la décennie en terme de cinéma d'action, 24 invente une nouvelle façon de filmer le réel. Le temps réel (suberbe idée utilisant narrativement la fragmentation d'une série due à ses modes de production et à la publicité), la caméra portée et tremblante mimant le reportage télévisuel, la multiplication des points de vu avec split-screens, entraîne une impression de réalisme, contrastant magnifiquement avec le caractère parfois absurde des intrigues, souvent exagérées et peu crédibles, puisqu'elles ne sont que le reflet grossissant de la société qui la crée. Rien de plus représentatif alors que cette esthétique réaliste dans l'Hollywood des années 2000. De l'actionneur de la série des Jason Bourne jusqu'aux spectacles les plus réalistes (et même tirés d'histoires vraies, comme ce One mighty heart de Winterbottom), c'est 24 qui a définit les nouveau canons du réalisme hollywoodien.
Victor Lopez.











