Lost Story.
Par Victor Lopez le 2010-02-08 15:42:40Le mardi 2 février était une date attendue avec impatience, angoisse et frénésie par tous les sériephiles dignes de ce nom. ABC diffusait enfin le "Season Premiere" de la dernière saison du show le plus passionnant de la décennie et dont aucunes images n’avaient encore filtrés : "Lost". L’occasion de cet événement incontournable est idéale pour se pencher sur le passionnant phénomène : premières impressions sur l’ultime saison, retour sur les épisodes les plus marquants, ou sa précédant livraison.
Sommaire
Cinq épisodes clés."Lost" : Retour sur la saison 5 : Out of time.
Preview Lost Saison 6 : LA X
Cinq épisodes clés.
En hommage à Charlie, replongeons-nous dans le passé de la série, en dressant un possible Top 5 de ses meilleurs épisodes.
5. 1x01. Pilot.

Un gros plan sur un œil qui s’ouvre. Un homme blessé en costard est allongé dans la jungle. Un chien traverse le cadre, avant qu’il n’arrive à péniblement se lever. Il fouille ses poches, trouve une flasque d’alcool et se dirige vers la plage d’où des cris d’appel à l’aide lui parviennent. Là, on découvre enfin l’épave de l’avion qui vient se crasher sur l’île mystérieuse. Ainsi débute Lost. Son créateur, J.J. Abrams met rapidement en place les figures de style et les thématiques qu’il laissera à d’autres (dont Damon Lindelof et Carlton Cuse, les principaux artisans de la réussite du show) le soin de magistralement développer après la première saison. Les personnages archétypaux présentés gagneront en épaisseur au fils des multiples remises en questions qu’ils subiront, et la structure en Flashback sera bientôt le laboratoire narratif le plus passionnant et innovant vu à la télévision. Mais pour l’heure, le spectacle respecte les règles d’un blockbuster d’aventure propre à séduire le plus grand nombre. Et avec son budget pharamineux de 12 millions de dollars (le plus important pour un pilot), la série se donne les moyens de son ambition : impressionnant crash aérien, découverte progressif d’un lieu hostile plein de dangers et coupé de la civilisation dans lequel notre groupe de rescapés va apprendre à vivre ensemble (et parfois à mourir seul), et mise en place d’un univers fantastique qui ne ferra que s’affirmer en construisant une fascinante mythologie… L’aventure peut commencer !
4. 3x21. Greatest Hits.
Impossible de ne pas rendre hommage à Charlie lorsque l’on confectionne un top 5 des meilleurs épisodes de Lost ! Junkie attachant devant faire face à son addiction à l’héroïne, Charlie traverse comme tous les personnages de Lost une série d’épreuves le menant vers la voie de rédemption. Et lorsqu’il arrive enfin à se débarrasser de ses démons, à envisager d’actualiser son histoire d’amour avec Claire et fonder une famille avec son fils, la tragédie le rattrape. Le destin est cruel dans Lost et ne laisse jamais ses personnages heureux bien longtemps. Desmond a beau le sauver à chaque fois, rien n’y fait, la mort finira inévitablement par le rattraper. En bon lecteur de Nick Horby, notre star de la pop britannique va alors faire une ultime liste, celle des cinq plus beaux moments de sa vie. Et lorsque sa dernière pensée va à Claire, lors d’une émouvante relecture de son arrivée sur l’île, Desmond aura beau voir l’avenir, il n’arrivera pas à le sauver cette fois.
3. 1x18. Numbers.

4 8 15 16 23 42. Le fan de Lost connait ces numéros par cœur et n’a de cesse de repérer leurs occurrences dans la série, interrogeant frénétiquement leur signification jusqu’à la folie. Mais personne ne peut être plus obsédé par ce génial McGuffin, composante essentiel de la mythologie du show, que le personnage d’Hurley. Il faut attendre 18 épisodes pour enfin en voir un consacré au sympathique geek apportant un peu d’humour dans ce monde de mystère. Et on le découvre gagnant au loto grâce à ces chiffres magiques. Sauf que sa chance n’est qu’un leurre et qu’il se voit poursuivit par une hilarante malédiction le menant d’un asile psychiatrique à l’île. Et le twist de l’épisode, qui voit ces mêmes numéros inscrits sur la hatch de l’île que Locke s’apprête à faire sauter fait parti de ces finals qui vous retournent le cerveau et vous scotchent à votre écran dans l’attente délicieuse et insupportable de l’épisode suivant.
2. 3x20. The Man behind the curtain.

Lorsqu’il apparait sous le nom d’Henry Gale à la fin de la première saison, il est impossible pour le spectateur (et pour les producteurs aussi, semble-t-il) de se douter de l’importance du personnage. Benjamin Linus, employé consciencieux, manipulateur et machiavélique au service de l’île est pourtant l’un des méchants les plus marquants vu dans une fiction ces dernières années. Menteur, meurtrier responsable d’un véritable génocide sur l’île, calculateur d’une froideur inhumaine, le personnage n’en est pas moins un des plus complexes de la série et l’épisode de la fin de la troisième saison qui lui est enfin consacré vient démontrer cette profondeur, magnifié par la performance minimaliste de Michael Emmerson. Ce sont les rappels de ces motivations qu’éclairent peu à peu cet épisode qui rendront inoubliable le regard qu’il lancera à sa fille avant de la laisser mourir, une saison plus tard.
1. 4x05. The Constant.
Ce n’est pas seulement à cause de son accent scottish et sa manière si particulière de dire « See you in another life, brother », que l’on aime Desmond, c’est aussi parce que ce personnage est au centre des deux épisodes les plus fous de Lost, introduisant le spectateur à la thématique du voyage dans le temps et des paradoxes indémêlables que cela entraine dans la cinquième saison. Alors qu’il s’était déjà retrouvé dans son passé pour perdre à nouveau l’amour de sa vie dans la saison trois, c’est maintenant dans le futur que le Desmond du passé est projeté dans cet épisode de la saison quatre, et ce afin de reconquérir sa Penny. D’une inventivité narrative hallucinante, The Constant inverse le postulat de tous les récits de S.-F. de voyage dans le temps, et raconte en plus une magnifique histoire d’amour. Impossible en effet de rester insensible au final, lorsqu’il déclare à Penny : « I won’t call for eight years. The 24 of december 2004. Christmass Eve. I promess. ». Car c’est cette humanité profonde que l’on trouve malgré son audace conceptuelle, qui fait de Lost une des plus belle série de notre temps.











