Le Temps des séries.
Par test le 2010-02-04 11:20:42Genre populaire par excellence, les séries se font naturellement le miroir des époques qui les créent. Depuis leur apparition à l’orée des années 50 jusqu’à l’âge d’or qu’elles connaissent aujourd’hui, elles n’ont cessées de se nourrir des modes, des bouleversements politiques, des sociétés, des modes de vie et des mentalités environantes, influant même parfois, par un effet boomerang, sur leur temps. Démonstration décennie par décennie…
Sommaire
Les années 50 : "Alfred Hitchcock présente"Les années 60 : "Le Prisonnier"
Les années 70 : De "Columbo" à "Starsky et Hutch".
Les années 80 : "Miami Vice".
Les années 90 : De "Friends" à "Seinfeld", le renouveau de la sitcom.
Les années 2000 : "24".
Les années 50 : "Alfred Hitchcock présente"
Comme à son habitude, Hitchcock révolutionna son projet.
S’accaparant la puissance médiatique de la télévision, Big Alfred se prêta dignement au jeu en se délectant d’une petite introduction, supervisant quelques épisodes et surtout en y déposant son aura défini par un nom légendaire, donnant le titre au show : Alfred Hitchcock présente !
Diffusée à partir de 1955, la série compte à son actif près de 268 épisodes de 26 minutes en noir et blanc et continue, de nos jours, à émerveiller et intriguer à la fois. La raison ? Pour la première fois dans l’histoire peu orthodoxe de la petite lucarne, un cinéaste de renom gagnait du temps en imposant ses idées cinématographiques au sein d’un média étriqué et réputé pour être réfractaire à l’originalité. Hitchcock, qui réalisera une vingtaine de ces films courts, ne crée pas une nouvelle forme de suspense. Il est le suspense !
Comment façonner de l’adrénaline ? En confrontant nos peur les plus primaires dans un quotidien morne, bigarré et légèrement complexe. Notre société en somme ! Après avoir déjà expérimenté quelques traces visuelles dans le cinéma (Revoir la séquence du verre de lait dans Soupçons), Hitchcock va titiller la pensée de l’Etrange en dénichant nos traumas dans des saynètes aussi fantaisistes qu’effrayantes. Et là où le génie est présent, c’est dans la manière de présenter les choses. Hitchcock va jusqu’à exposer l’histoire qui sera filmée, par le biais d’un plan ultra-court, et où on le voit continuellement user et abuser d’un sens de l’ironie assez déplacé. Une présence qui continue de hanter le spectateur durant le visionnage de l’histoire qui s’offre à lui. Cela s’appelle un fantasme inversé !
La série durera le temps de 7 saisons et s’arrêtera en 1962, donnant au passage la chance ou l’occasion à des cinéastes de renom tels que Robert Altman, Sydney Pollack, Ida Lupino ou Arthur Hiller. Le Maître a toujours été friand de l’émulation…
Samir Ardjoum.











