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Moris Engel et Ruth Orkins (Coffret DVD).

  Par Victor Lopez le 2009-12-28 13:17:16

On a redécouvert l’année dernière au cinéma "Le Petit Fugitif", film de 1953 fondateur du cinéma indépendant américain et injustement oublié en France. C’est maintenant les autres films du couple de photographes Morris Engel et Ruth Orkins sur lequel le coffret DVD édité par Carlotta lève le voile : "Le Petit Fugitif", "Lovers and Lolipops" et "Weddings and Babies", trois beau films sur l’enfance et New-York.

Sommaire

Le Petit Fugitif, le chainon manquant.
"Lovers and Lolipops" et "Weddings and Babies" : New-York Stories.
Les DVD.

Le Petit Fugitif, le chainon manquant.

En 1953, Le Petit Fugitif était loin d’être passé inaperçu. Le film du photographe Morris Engel, de sa femme Ruth Orkins et du scénariste Ray Ashley était en effet assez unique dans le cinéma américain. Tourné en dehors des studios avec un budget des plus réduits, misant sur des prises de vu dans la rue, avec des vrais gens pris sur le vif grâce à une petite caméra en 35 millimètre inventé par Engel, le film prouvait que le vent de liberté qui soufflait sur le cinéma depuis l’Europe et le néo-réalisme italien pouvait aussi exister aux Etats-Unis. Le lion d’argent de Venise 53 marque alors profondément Truffaut, qui assure que ses 400 coups n’aurait pas existé sans ce film, comme les futurs francs tireurs du cinéma américain, du Cassavetes de Shadows au Scorsese de Mean Streets, leur prouvant que l’on pouvait faire du cinéma sans moyens, tout en captant quelque chose d’essentiel du réel. Un peu injustement oublié depuis, Le Petit Fugitif marque réellement le coup d’envoie du cinéma indépendant américain, tout en annonçant la nouvelle vague française.

C’est donc avec plaisir que l’on redécouvre aujourd’hui ce film et son importance. D’autant plus que sa fraîcheur et son originalité sont toujours intacts. On suit avec bonheur l’échappé de ce petit garçon, errant deux jours durant à Coney Island, oubliant peu à peu les raisons de sa fugue pour trainer sur la plage, faire des tours de poney, et se perdre dans toutes sortes de délicieuses attractions. Très beau témoignage sur l’enfance, le métrage magnifie aussi grâce à sa splendide photographie le lieu qu’il filme et les gens qui le traversent. Se plonger dans Le Petit Fugitif aujourd’hui, c’est revivre une tranche d’enfance, à la fois au sens propre en retrouvant les sensations de liberté d’un enfant de 7 ans perdus dans un parc d’attraction, comme au sens figuré, en redécouvrant une page de l’enfance de la modernité cinématographique.