
Michael Youn enfile sa fraiche cagoule de réalisateur et propose d’illuminer les écrans de cinéma en racontant la rédemption de son personnage de rappeur gangsta bidon au succès fulgurant, Fatal Bazooka après la révélation au grand public de ses origines savoyardes bien loin du 9-3 de NTM ou de South Central de Dr Dre. Cette déchéance honteuse le forcera à revenir à ces ambitions de bergers montagnards au près de sa famille qui le poussera à revenir sur le devant de la scène.
Issu d’un sketch de télévision, ce personnage illustre le savoir faire parodique de Youn qui maîtrise parfaitement une pratique comique sous-exploité au cinéma français. La réussite des parodies de clips vidéo, de pubs ou de la branche ultra-commerciale de l’industrie musicale aide un scénario léger aux forts accents vulgaires.
La vulgarité peut être poétique lorsqu’elle est utilisée quand on ne s’y attend pas. Youn utilise à l’extrême les ressorts scatologiques et sexuels alors qu’il prouve dans plusieurs scènes qu’il sait manipuler différentes mécaniques de l’écriture humoristique. Lorsque Fatal se retrouve chez ses parents, en Savoie, Youn abandonne son jeu grimaçant et redevient un comédien. Le personnage existe, le spectateur saisit enfin ses motivations et dépose ses aprioris. Il est aussi curieux de constater que les personnages secondaires interprétés par ses amis et sa femme sont absents de ces différentes scènes.
Youn a voulu s’entourer de ses proches pour engranger de la confiance pour la réalisation de son premier film mais oublie de les diriger et les laisse s’embourber dans une outrance désagréable alors qu’il offre une place de choix à Stéphane Rousseau qui excelle dans la peau d’un DJ français adulé, une sorte de David Guetta écolo d’une sobriété jubilatoire.
En gommant le surplus ankylosant de grimace et d’humour potache qui plaira aux plus jeunes et en délaissant quelque peu son entourage routinier, Michael Youn réussirait à surprendre assis sur une chaise de réalisateur de comédies à succès.
Notre note :
6 / 10


