
Il y a presque dix ans déjà que Ten, le dernier film de fiction d’Abbas Kiarostami, marquait l’aboutissement d’un style qui risquait la redite à force de ballades dialoguées en voiture et minutieusement mais librement structurées. Avec Copie conforme, le réalisateur prend le risque de ne pas se copier en changeant de pays (il passe de l’Iran à l’Italie), de genre (on est ici proche de la comédie sentimentale) et de style (le film limite les trajets en voiture, et dispose autant de texte qu’un film d’auteur français avec… Juliette Binoche), pour un résultat intriguant mais qui laisse quelque peu perplexe.
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Débutant par une réflexion sur la copie en art, le film met la théorie en pratique quand l’essayiste, qui en est à l’origine (William Schimmell), et une française apparemment rencontrée récemment (mais peut-être 5 ans auparavant) (Juliette Binoche), décident de se faire passer pour un couple marié depuis 15 ans. Double copie donc : celle, diégétique, du couple mimant une histoire qui n’est pas la leur et qui la devient peu à peu, et celle, méta-cinématographique, de Kiarostami filmant un Voyage en Italie sur les terres rosseliniennes. L’exercice n’est pas inintéressant, d’autant plus que la thématique de la copie traverse l’œuvre de Kiarostami depuis Close Up, autre copie conforme de la vie sur l’art contant l’usurpation de l’identité de Mohsen Makhmalbaf par un cinéphile.
Intellectuellement stimulant, le film finit cependant par rapidement lasser. Le résultat est au final trop théorique et ne laisse jamais l’émotion s’installer. On préférera alors revoir la palme d’or de 1997, Le Goût de la cerise ou F for fake de Welles pour la thématique du faussaire.
Notre note :
5 / 10


