
Déjà distinguée en 2001, avec son coloré et jubilatoire Satin rouge, Raja Amari dans Les Secrets, titre impérial, étonne d’emblée par un dépouillement du cadre dans lequel évoluent des visages majoritairement féminins. Amari part d’un concept, celui de travailler un personnage pour l’emmener dans des contrées inexplorées. Cette écriture du désir est très vite sacralisée par une musicalité due à un montage qui resserre les boulons de la médiocrité. Divisée en deux parties volontairement bancales, la narration, chez Amari, exploite le silence imperturbable d’une crise en mouvement. Trop de non-dits dans une société engendre le désir inassouvi d’exploser la face intime qui se terre parfois en soi. Sans dévoiler une intrigue qui se rachète faussement avec la logique de la chute finale, Les Secrets tire irrémédiablement sa force de ne jamais faire de concession au public, car l’intelligence d’un esprit est plus radical que celui d’une justification verbale.
Notre note :
7 / 10

