
« Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire des changements ». Milton Friedman résume en une phrase sa théorie économique décryptée dans ce film. En adaptant le livre de Naomi Klein, Michael Winterbottom utilise habilement de nombreuses vidéos d’archive saisissantes pour mettre en image les discours de l’auteure et le constat fataliste des mises en pratique de la méthode Friedman à travers le monde et les époques.
Tout commence dans les années 40 lorsque des expériences montrent que les traitements des chocs continus permettent de vider l’esprit des patients (cobayes) afin de les rééduquer à sa guise. Friedman et ses collègues économistes de Chicago vont adapter ces recherches à l’économie. Un choc tel une guerre, une attaque terroriste ou une catastrophe naturelle permet aux gouvernements de prendre des décisions très contestables en temps normal surtout dirigées vers le service public.
L’Homme est humain, lors du choc, il va se concentrer sur ses besoins vitaux plutôt que sur ses intérêts. Tel est cet exemple ahurissant des familles de pécheurs qui se verront confisquer leurs plages juste après le tsunami de 2004 au profit de promoteurs immobiliers avec l’aide des gouvernants. Ni vu, ni connu.
Les théories des « Chicago Boys » ont toujours eu un succès. Ses adeptes s’appelleront Pinochet, Bush ou Eltsine. Le spectateur traverse le monde chronologiquement en observant les méthodes et conséquences gravissimes de ces théories et constatant qu’elles s’accompagnent obligatoirement de force et de violence pendant leur application.
Winterbottom signe un documentaire précis, sobre dans son militantisme et tellement nécessaire, finissant malgré tout sur une lueur d’espoir salutaire sur le réveil des consciences.
Notre note :
7 / 10


