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Fleur du désert

Critique Fleur du désert

Par Sonia Dechamps le 2010-03-10 09:11:19
L’histoire de Waris Dirie est extraordinaire. « Fleur du désert » raconte ainsi une destinée digne des meilleures fictions, tout en - de par l’engagement de sa protagoniste - véhiculant un message fort. Et pourtant, le film dans son ensemble, apparaît trop superficiel pour pleinement toucher.

Notre note :
5 / 10

    Notre critique

L’histoire vraie est celle de Waris Dirie, une jeune Somalienne qui à l’âge de 13 ans, s’enfuit de son pays afin d’éviter un mariage que voulait lui imposer son père. Immigrée à Londres, elle se fait remarquer par un photographe de renom, alors qu’elle travaillait dans un fast-food. Tout s’enchaîne alors, photos, défilées…  Devenue un mannequin reconnu, elle s’engage dans une lutte contre l’excision, pratique dont elle a elle-même était victime dans sa toute petite enfance. Fleur du désert, vous l’aurez compris, n’est donc pas un simple conte de fée des temps modernes. Dans la vie de Waris, il y a cette dimension supplémentaire qui apporte une certaine profondeur au propos du film.

Liya Kedebe, dans le rôle principal, est tout simplement sublime. Mais si on parle beaucoup de la top-model, une autre actrice illumine l’écran. Il s’agit de Sally Hawkins, totalement déjantée, comme on l’aime. Cette dernière éclaire le film de sa folie douce. Elle l’éclaire tant et si bien que l’on regrette de ne pas la voir dans plus de scènes, ce qui aurait peut-être donné un peu plus de peps à ce long-métrage dans l’ensemble un peu mou.

Si la confrontation de Waris - éduquée en Somalie et ne parlant pas anglais - à la vie londonienne réussit à éviter les clichés, toutes les séquences en Afrique constituent des flash-backs assez indigestes (de par leur quantité et la façon dont ils sont mis en scène). Il ne suffit pas de montrer que Waris, pour fuir le mariage lui étant imposé, a traversé le désert au péril de sa vie, il faut appuyer tous ces passages d’une musique bien dramatique, outrageusement grandiloquente, façon de dire au spectateur : « Vous voyez comme c’est terrible ? » Bien sûr, il est utile de faire part au spectateur du passé de Waris, afin qu’il puisse prendre conscience de la force de celle-ci, de ce à quoi elle a du faire face. Sûrement y aurait-il tout de même eu un meilleur moyen de témoigner de cela, car à trop en faire, à trop se soucier de l’esthétisme de son film, la réalisatrice manque son but : toucher le spectateur.

Un peu de la même façon, le spectateur ne ressent pas – ou peu - l’intensité du combat mené par la modèle. Dans ces débuts en tant que mannequin déjà. Car si le film pointe bien du doigt quelques problèmes rencontrés par Waris (de passeport notamment), sa carrière – sa réussite - ressort comme un peu trop facile en comparaison à ce qu’il a du être. Idem - et c’est encore plus dommage ! – pour ce qui concerne son engagement, sa lutte contre l’excision. Le discours final, prononcé par Waris aux Nations-Unies, est des plus conventionnels et on approche, une nouvelle fois, le mélo.

Fleur du désert évoque la violence faite à certaines femmes, peut-être certains prendront même connaissance de cette violence grâce à ce film, et on peut lui dire merci pour ça, mais la mise en scène passe à côté du combat en lui-même. Waris n’apparaît finalement que peu combative, et si le spectateur imagine bien la ténacité de la jeune femme, sa force de caractère, il ne les voit pas clairement.

Fleur du désert, s’il a beaucoup de qualités, au premier rang desquelles : ses comédiens, manque malheureusement d’authenticité, de profondeur, peut-être aussi de pudeur, pour être une réussite.


Notre note :
5 / 10

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