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Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising

Critique Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising

Par Nicolas Pratviel le 2010-03-06 16:59:08
Un film de viking en forme de trip(es) violent et halluciné. Beau, prenant, bien que légèrement creux.

Notre note :
7 / 10

    Notre critique

Il était attendu ce film estampillé vikings de Nicolas Winding Refn, réalisateur danois dont on connait le goût comme le talent formel pour filmer l'art de la violence, mais également la difficulté chronique à donner de la substance à une histoire. Après avoir frustré l'an passé avec Bronson, réussite visuelle qui évoquait sans moelle la vie du plus psychopathe des prisonniers anglais devenu artiste, Winding Refn persiste dans ce parti pris où l'esthétisme prévaut au détriment du scénario. Peut-être est-ce parce que Le guerrier silencieux a été tourné alors que le réalisateur travaillait dans le même temps au montage de Bronson ?

Toujours est-il que dans le cas présent, ce choix se justifie par l'intention avouée du Danois de proposer un voyage vers l'inconnu aux allures d'expérience quasi mystique, en suivant l'errance au cœur des ténèbres d'un guerrier muet et borgne, appelé One-Eye. Longtemps prisonnier d'un chef de clan païen, il parvient à fuir grâce à l'aide d'un enfant. Les deux errants croisent ensuite la route de missionnaires chrétiens, avec lesquels ils embarquent dans un drakkar en direction de Jérusalem. Perdus dans une brume dense et interminable, ils arriveront non pas en Terre Sainte, mais en terre inconnue, maudite, où un ennemi impitoyable et invisible sévit.

Winding Refn filme ce voyage comme une lente descente aux enfers, durant laquelle il entrecoupe de longs plans fixes (parfois un brin trop contemplatifs) avec de brefs inserts annonciateurs de sang et de morts. Le procédé rappelle celui que Stanley Kubrick avait imaginé pour déclencher les visions horrifiques du petit Danny dans Shining, mais au delà de l'hommage, il convoque une sorte de transe magnifiée par une musique puissante, minérale, dont la violence sonique s'accorde parfaitement à celle des images.

Au dessus de ce maelström sensoriel, plane Mads Mikkelsen, presque irréel en guerrier mutique, mythologique (l'ombre d'Odin n'est jamais loin) vivant en totale communion avec la nature montagneuse, sublime, froide, menaçante comme seule peut l'être la lande écossaise (où le film a été tourné). De ce point de vue, Le Guerrier silencieux, qui ne manque pas de référents prestigieux (Aguirre, la colère de Dieu, Apocalypse Now...) fait plutôt écho au très violent et mésestimé Apocalypto de Mel Gibson, dans lequel l'indigène finissait par ne faire qu'un avec la nature pour mieux survivre à sa flore et surtout sa faune. L'expérience en était aussi fascinante qu'éprouvante. Ici aussi.


Notre note :
7 / 10

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