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Les Convois de la honte

Critique Les Convois de la honte

Par Samir Ardjoum le 2010-03-05 21:00:24
Documentaire édifiant sur un brouillard de mensonges et de discrétions : la collaboration de la SNCF dans la déportation des Juifs, résistants et autres "mauvaises races" (selon les Nazis) !

Notre note :
7 / 10

    Notre critique

Depuis que Marcel Ophuls, en 1969, montra une France collaborationniste durant l’occupation Nazie, c’est tout un pan de la conscience sociétale qui en prit un coup. Le Chagrin et la pitié réveilla une nostalgie amère et enveloppa définitivement les corps des salauds, d’un linceul sans poche. Utilisant le canevas du documentaire, alternant images d’archives et témoignages ahurissants, Ophuls avait réussi à extirper une vérité qui dérangea bon nombre d’amnésiques.

Quelques décennies plus tard, Raphael Belbard rédigea un livre coup de poing en pointant du doigt la complicité active des dirigeants, mais aussi de la majorité des cheminots, et ce avec l’ordre Nazi afin de mieux déporter les parasites ambiants. Ce livre, Les convois de la honte : Enquête sur la SNCF et la déportation (1941-1945), est paru en 2004 aux éditions Lafon. Aujourd’hui, c’est devenu un film inégal dans sa réalisation, mais ouvertement pédagogique dans sa narration.

Des exemples à foison traversent nos esprits après la projection du film. Papon et Bousquet, se fichant éperdument des Juifs, désireux de briller dans leurs carrières respectives. La majorité des cheminots qui durant deux années, décidèrent de la mettre en veilleuse de peur de perdre leur boulot. Mais aussi ces 10% de résistants au sein de la SNCF qui combattirent ardemment afin de contrer les plans macabres des Nazis. ET surtout, cette SNCF qui joua cartes sur table en se pliant en quatre afin de satisfaire les occupants (ce sont bel et bien les français qui conseillèrent de parquer les victimes dans des wagons à bestiaux et non les Nazis)

Là ou ce film peut – légèrement- intriguer, c’est dans ses nombreuses reconstitutions qui, au fur et à mesure que la narration se développe, desservent le projet initial. Au cours d’un entretien avec une rescapée des Camps, celle-ci remet les choses à leur place en précisant que « cette évocation (la reconstitution qu’elle vient de voir) est très en-deça de ce qu'elle a pu vivre ». Dans ce genre d’entreprise, ce ne sont pas les images fabriquées qui renforcent l’idée, mais la parole !


Notre note :
7 / 10

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