
Un bon polar puisera toujours dans l’humilité du quotidien. En cela, Le Petit lieutenant de Xavier Beauvois (2004) et surtout Un prophète de Jacques Audiard sont des exemples qu’il faudra continuellement citer pour comprendre, défendre et relativiser un genre qui fut conséquent dans le cinéma français.
Richard Berry, acteur et réalisateur à ses heures perdues, a convoqué le roman du journaliste et animateur TV, Franz-Olivier Giesbert, dont il s’est inspiré en partie. L’immortel est un film ancré dans le milieu de la pègre marseillaise avec comme toile de fond, la vie romancée d’un des derniers grands parrains, Jacky le Mat et sa confrontation sanguinaire et légendaire avec Tany Zampa.
Le résultat est discrètement implacable, manquant à cette réunion de comédiens bankable (Kad Merad, Jean Reno, Marina Fois, Jean-Pierre Darroussin), une folie visuelle, une forme de renaissance que le genre avait tant besoin. Berry remplit son cahier des charges, mais n’aspire jamais à tisser un semblant de personnalité, sacralisant au passage ses personnages. Il y a un goût d’inachevé qui se distille sur nos lèvres sans pour autant créer une sauce piquante. Regrettable !
Notre note :
5 / 10

