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Critique Avatar

Par Nicolas Pratviel le 2009-12-16 08:21:20
Le film le plus attendu de l’année est il donc le meilleur de l’année, voire de la décennie qui s’achèvent ? Probablement pas. Mais le « jamais vu auparavant à l’écran » est bien au rendez-vous et le plaisir s’avère de tous les instants. Impressionnant.

Notre note :
8 / 10

    Notre critique

Douze ans après Titanic, et le raz de marée cinématographique qui l’a sacré, selon ses dires « king of the world », James Cameron remet sa couronne en jeu avec Avatar, un projet pharaonique (300 millions de dollars de budget officiellement, 500 avance le New York Times) long de plusieurs années, et annoncé aujourd’hui comme révolutionnaire. Techniquement, visuellement, le film l’est sans aucun doute, tant la mise en scène est d’une maîtrise ahurissante, tant la profusion de spectaculaire inonde l’écran, tout en donnant l’impression que ce que l’on voit est réel. En sortant du film, encore groggy par le jet lag consécutif aux 2h40 du trip offert par Cameron, on est persuadé que la lune Pandora existe bel et bien. On croit au miracle des montagnes suspendues, à la beauté de la flore luxuriante éclairée par les aurores boréales, au danger de la faune extra-terrestre et à l’existence harmonieuse des Na’vis. D’abord dérouté par l’esthétique virtuelle de ces bipèdes bleus, on est vite ébloui par le réalisme de leurs mouvements puis presque aussitôt pris d’émotion pour eux, car Cameron les filme avec la conviction d’être face à des êtres vivants. Il pose le même regard sur tous ses acteurs, qu’ils portent une combinaison en motion capture ou qu’ils soient costumés.

 

L’intention est tellement sincère qu’elle transparaît à l’écran. Jamais l’usage du fond vert virtuel n’a autant donné l’impression de réel. Tout simplement parce qu’au delà de son talent infini de cinéaste, James Cameron a pris le parti –comme dans Titanic- de raconter avec des moyens colossaux une histoire simple, à l’impact universel imparable. Jake Sully (Sam Worthington), un ex-marine paraplégique, est envoyé en mission sur Pandora, où les hommes cherchent à exploiter un minerai qui pourrait solutionner la crise énergétique sur Terre. Il est chargé d’infiltrer le peuple Na’vis, en contrôlant par la pensée un avatar créé à partir de l’ADN de ces autochtones, soucieux de préserver leur environnement. Non content de tomber amoureux d’une indigène, il vivra une expérience initiatique tellement forte et bouleversante qu’il changera évidemment de camp au moment d’une guerre inéluctable. Limpide, le scénario fait à la fois écho à Pocahontas et Princesse Mononoké, dans son histoire d’amour et son penchant écolo, tout en évitant de se perdre dans des réflexions superflues.

 

Toutefois, on peut voir en les Na’vis l’incarnation futuriste des indiens chassés en leur temps par les Américains, dont la barbarie et la propension impérialiste restent, elles, très contemporaines. En outre, la technologie des machines reste une obsession majeure chez le réalisateur. Preuve en est, il ressort quasiment le même modèle de robot, qui avait permis à Ripley (Sigourney Weaver) de venir à bout de la bête dans Aliens. Mais cette fois, c’est bien la créature en son élément qui viendra à bout de cette machine, désormais contrôlée par un militaire forcené. Derrière ce clin d’œil à sa propre filmographie, on devine évidemment le plaidoyer de l’artiste en faveur d’une technologie au service de la science et non de la guerre. Reste que l’opposition entre les machines et les Na’vis donne justement lieu à de vertigineuses séquences d’action qui rappellent à quel point Cameron demeure un des plus grands, voire le meilleur, réalisateur en la matière. Comme pour Titanic, le Canadien a d’ores et déjà gagné son pari technique et artistique. Il mérite que le public le suive à nouveau.


Notre note :
8 / 10

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