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Hi, Mom ! (Brian De Palma)

  Par Sonia Dechamps le 04/05/2010 (09:36)

Une nouvelle fois : « merci Carlotta !!!! » Ressortir en DVD « Hi, mom ! » : « une idée qu'elle est bonne ! »


Bien avant la télé-réalité, ses émissions toutes plus abjectes les unes que les autres mais qui sont un succès en termes d'audimat, déjà – dans les années 60 - « titillait » la question de filmer la vie d'autrui.

Dans « Hi, mom ! », De Niro joue ce jeune homme, Jon Rubin, qui, pour inventer un nouvel art voyeur, installe une caméra à sa fenêtre et filme l'immeuble d'en face. Après l'échec de se tentative de mise en scène de la séduction d'une charmante voisine  (il calcule pourtant tout dans les moindres détails... sauf la chute de sa caméra au moment fatidique), il décide de se tourner vers un happening militant « Be Black Baby ». Le principe ? Des noirs maquillés en blancs brutalisent des blancs alors grimés en noirs. Le but ? Faire ressentir l'expérience d'être noir en Amérique. C'est d'une violence... mais tellement jouissif à voir !

 

BONUS :

Deux bonus de qualité pour cette édition DVD.

Premier de ceux-ci, une préface d’un peu moins de 9 minutes de Samuel Blumenfeld. Ce dernier y indique que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, De Palma est plus un cinéaste des années 60 qu’un cinéaste des années 70, qu'il est un réalisateur qui ne s’est jamais engagé dans un camp politique, mais qui a toujours été très marqué par la politique étrangère, et notamment par le Vietnam. Cet intérêt pour la politique se retrouve d’ailleurs, dans Hi, Mom !, à travers le mouvement noir.

Samuel Blumenfeld évoque également la rencontre De Niro / De Palma. Il explique que ce dernier n’est pas un réalisateur qui fonctionne « en couple », qu’il n’y a pas eu, entre lui et son comédien, cette alchimie, comme ça a pu être le cas entre De Niro et Scorcese. De Palma n’a donc pas réellement d’alter ego à l’écran, mais il a besoin de travailler avec de fortes personnalités ; fortes personnalités qu’il sait écouter. Blumenfeld qualifie d’énorme l’apport de De Niro à Hi, Mom ! L’idée de faire changer son personnage de coiffures, d’habits…  ça vient de lui ! Aborder ce sujet est l’occasion de délivrer une anecdote : De Niro était réputé - à l’acting school - pour ne pas avoir un rond, mais pourtant une garde robe très fournie. Revenant au film, Blumenfeld précise qu’il a, en partie, était improvisé.

Deuxième bonus de taille. Une analyse de Jean Douchet : Percevoir / Décevoir : « Le voyeurisme qui sous-tend l’œuvre cinématographique de Brian De Palma sert à manifester l’aveuglement destructeur qu’entraîne la soif de tout posséder par la vue. Son cinéma interroge la notion, donc la nature, de l’image. Et il révèle que la caméra ne filme pas la vérité mais le mensonge. » Passionnant.

Pour résumer : un film et des bonus à ne pas manquer !


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