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Festival Séries Mania – Saison 1, épisode 4

  Par Victor Lopez le 09/04/2010 (09:31)

Dernier week-end pour le festival série du Forum des images, qui invite les Français de Pigalle et des Invincibles, et propose deux marathons "Mad Men" et "True Blood".


Présentation du week-end : Pigalle invincible !

De nombreux débats viendront animer le week-end au Forum des Images, aux thématiques variées, allant de l’attendu : « The Wire, meilleure série du monde ? », ou « Les séries ont-elles remplacé le cinéma » par Olivier Joyard, au plus inhabituel : « Le feuilleton au long cours : étude croisée franco-britannique sur Eastenders et Plus belle la vie » ! On aura encore l’occasion de découvrir de nombreuses nouveautés américaines, de V à Nurse Jackie, mais aussi et surtout de rencontrer les équipes des deux événements télévisuels français de 2010 : Pigalle, la nuit qui a illuminé Canal +, et Les Invincibles, tentative d’Arte.

 

L’événement du week-end : Mad Men pour les fous.


Sacré un peu partout meilleure série actuelle, la réputation de Mad Men n’est pas usurpée. On pourra même juger sur place si la vision en continu et en un dimanche des 13 épisodes de la seconde saison nous procure autant de plaisir que sa première vision. L’expérience ne pourra de toute façon que rajouter en cohérence à une architecture déjà proche de la perfection.

A lire aussi, notre Dossier Mad Men.

 

Le Focus du Week-end : True Blood pour les plus mordus.

Le marathon True Blood qui aura lieu la nuit de samedi est l’occasion idéale pour revenir sur cette très distrayante saison 2.

 

TRUE BLOOD (Alan Ball / Bilan Saison 2)

True Blood est d'abord à prendre comme une série récréative, sorte de divertissement estival pour son créateur, Alan Ball, scénariste d'American Beauty et responsable de Six Feet Under pour la chaîne HBO (Oz, Les Soprano). Diffusé l'été, le show se concentre sur les conséquences du coming out des vampires sur une petite bourgade paumée au fin fond de la Louisiane, Bon Temps. La première saison avait séduit par sa capacité à renouveler la thématique du vampire, la qualité de sa mise en scène, et son ton, mélange de gore et de sexe - assez soft, mais on est loin de Twillight -  et de sentimentalisme. En même temps, la déception était grande d'y voir lancer des thématiques passionnantes (alcoolisme, religion, homosexualité, racisme, conséquences politiques de l'existence d'une autre race de prédateurs potentiels...), sans jamais vraiment les développer autrement que superficiellement. La description des mœurs de Bon temps, que l'on attendait satirique et rentre dedans, prétexte à une critique de l'Amérique puritaine, ultra-croyante et souvent réactionnaire, est aussi bien lisse et gentille. Non, True Blood est avant tout une série fantastique dont le but est de ramener des spectateurs sur une chaîne que l'on a connu plus aventureuse, et qui se consomme avec le plaisir que procure un bon divertissement de qualité.

Et la seconde saison est sur ce point absolument identique à la première. Nous plongeant dans l'action sans préliminaire dès ses premières images (au point que le premier épisode donne l'impression d'en avoir manqué quelques-uns) cette nouvelle fournée remplie son cahier des charges. On peut certes regretter une baisse de rythme vers la fin du premier tiers de la saison, et un montage un peu répétitif, insistant trop sur la progression des différents dangers (la multiplicité des fêtes orgiaques fatigue rapidement), ainsi qu'une évolution parfois un peu hésitante des personnages (les parcours de Lafayette ou de Tara sont de ce point de vue assez ratés), le plaisir et le fun sont assurés par un humour maniant un second dégré décomplexé, et un univers ultra stylisé réhabilitant l'image du vampire classieux et contemporain.On retrouve avec plaisir le vampire Bill et la télépathe Soockie, cette fois confrontés à une secte anti-vampires ayant embrigadé l'hilarant Jason et détenant le vampire millénaire Godrick. Pendant ce temps, une dangereuse ménade prend le contrôle Bon Temps, que le chien-garou Sam Merlotte a bien du mal à défendre tout seul. Mais ces intrigues principales sont souvent moins intéressantes que celles secondaires et que les liens qui unissent les personnages, essayant de vivre pleinement malgré leurs différences. La solitude de Sookie ou de Sam, peinant à trouver leur semblable, le lien qui unit les vampires à leurs créateurs - qui arrive à humaniser le cruel Eric - ou l'histoire d'amour naissante entre l'humain Hoyt et une vampire adolescente contrôlant difficilement ses pulsions captivent plus que la guerre contre une déesse immortelle.

Raté sur le plan politique et social, plaisant sur celui du divertissement horrifique, True Blood est alors surtout réussi dans sa description métaphorique des relations et sentiments humains. A noter que le générique de la série est l'un des plus réussis de ces dernières années - avec celui de Dexter. On regrette seulement que l'ambiance ultra-réaliste glauque et poisseuse qu'il dégage ne se retrouve que très rarement dans la série...

Pour un avis encore plus enthousiaste, c’est ICI 

 

A suivre l’année prochaine !


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