CineMove

Edito 1 : "Le net, c’est l’avenir de la critique de cinéma, quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense"

  Par Samir Ardjoum le 03/03/2010 (11:45)




Connaissez-vous Arthur des Kinks. Mélodie endiablée, inconnue et extraite de l’album Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire). A la fin de cette incroyable chanson, Ray Davies (le leader et compositeur du groupe) clame, chœur à l’appui, : « Arthur nous te lisons et te comprenons, Arthur nous t'aimons et voulons t'aider » (Arthur we read you and understand you, Arthur we like you and want to help you). Naïveté du propos que nous pouvons, sans peine, appliquer au métier de critique de cinéma. Oui, nous te lisons, humble loueur de cinéma, et nous t’aimons…plus ou moins bien.

CinéMove est un jeune site qui fut crée le 1er mai 2009. Planète Web qui fourmille d’un laboratoire de pensée cinéphilique assez unique en soi (Critikat, Il était une fois le cinéma, fluctuat.net, Cadrage, Ecrans Noirs, Objectif Cinéma, Ciné Fabrika, Le Coin de l’œil, toutlecine, Africultures...). Ces nombreux sites aspirent à décortiquer l’image sous toutes ses formes, conscients de la suprématie de la presse, TV et radio, mais fiers d’appartenir à un réseau qui parle en direct aux lecteurs. Le net, c’est l’avenir de la critique de cinéma, quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense. Souvent affrété(e)s au bénévolat, ces passionné(e)s généré(e)s par une mauvaise foi indéniable, se triturent le corps et l’esprit pour vaquer à leurs occupations (en parallèle d’un travail alimentaire superflu). Bataillant tant bien que mal, ils arrivent à émouvoir, surprendre et surtout à proposer des idées qui – très souvent – font pleurer les chaumières des titres légendaires tels que Les Cahiers du cinéma, Positif ou les Inrocks).

Lisez attentivement nos entretiens, nos analyses, nos essais, nos envies de clamer : « Le cinéma n’a pas débuté en 1970, le cinéma peut prendre aussi les couleurs d’une Afrique Noire ou d’un Pays des Antipodes, le cinéma peut aussi traverser l’underground et côtoyer le réel, le cinéma ne se limite pas aux nombres de copies ». Tout cela paraît basique, vain, facile. Sans doute ? Mais quand cette ligue de visages internautiques se prononcent sur un film tel que Shutter Island, cela peut donner de superbes envolées :


Stéphane Caillet (Critikat)
 : « Scorsese ne rend pas hommage au cinéma classique hollywoodien que l’on aime tant, il l’enterre, en démontrant que ce style, utilisé sans recul et sans idées, est aujourd’hui difficilement applicable à un film fantastique ou à un drame psychologique. »

Eric Vernay (Fluctuat.net) : « Sans peur du ridicule ou du kitsch, Scorsese y déploie un imaginaire baroque mêlant passion funèbre et Shoah, où les cadavres figés par le gel s'empilent tels des sculptures religieuses en cire, dans des tons aussi morbides que chatoyants. »

Fabien Legeron (Il était une fois le cinéma) : « Autre analogie avec l’Italie, le traitement étrange apporté au découpage des séquences elles-mêmes : à première vue, le film est truffé de faux raccords temporels et surtout spatiaux. Attention, il ne s’agit pas ici de traiter Marty d’illettré cinématographique, bien au contraire : c’est l’érudition et l’expérience du bonhomme qui le poussent à utiliser ces entorses à la grammaire filmique élémentaire afin de donner tous les indices nécessaires au spectateur quant à la teneur réelle de ce qu’il regarde, sans appuyer frénétiquement du plat de la main sur le bouton "explique moi-ça". »


CinéMove aime le dernier Scorsese « Scorsese ne filmera jamais frontalement des scènes qui se dérouleront dans les camps, préférant se focaliser autour d’une chose qu’il peut ressentir, que Di Caprio peut éprouver, que toute une génération du début du 21è siècle peut observer. ». CinéMove, sans vouloir prendre la place de ses chers confrères, souhaite vous proposer de nouvelles pistes de lectures sur l’image DVD, TV et Cinéma. Vous prendre par la main pour vous faire (re)découvrir des cultures différentes, des inconnus aux courts-métrages effarants, des paroles et autres utopies qui nous font croire que le monde n’est pas si superficiel que cela. Des Arthur en puissance !

Toutes les semaines, l’édito de CinéMove sera rédigé par l’un des rédacteurs, histoire de vous donner un aperçu de notre réceptivité de cette société qui sans cesse, alimente notre image. Cette semaine, nous avons détesté quelques séries TV qui n’en finissent plus de nous énerver ; réfléchi sur l’un des plus illustres cinéastes du 20ème siècle, Andrzej Wajda ; interrogé le duo père/fils Claude et Nathan Miller pour la sortie DVD de Je suis heureux que ma mère soit vivante; été ému ou dubitatif lors de la Cérémonie des César 2010.

Côté Films, CinéMove vous conseille Precious et La Stratégie du choc. L’un qui offre un portrait d’une ado aux problèmes insurmontables, tandis que Winterbottom filme une épidémie géopolitique qui continue de glacer l’esprit de notre rédacteur.

En attendant le printemps, soyez certains d’une chose, la musicalité de nos propos sera toujours sans équivoque.


Bonnes Images

A la semaine prochaine


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