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CinéRail du 2 au 9 mars : rencontre avec Etienne Mortini

  Par Sonia Dechamps le 03/03/2010 (13:43)

Alors que le festival CinéRail débute aujourd’hui même, mardi 2 mars, rencontre avec son délégué général, Etienne Mortini, qui nous en dit plus…


« La naissance du festival remonte aux années 80. Ce sont des amateurs, en fait, qui se regroupent entre eux et qui se montrent des films. Ce sont des gens qui ont besoin d’être structurés à un moment donné, et très vite une des personne de l’association, un professionnel, producteur de films à la SNCF (notamment à l’époque de la reconstruction)… donc c’est quelqu’un qui a fédéré tous ces amateurs et fait venir tous les réseaux du monde dans ce festival. Ensuite, c’est devenu, par la force des choses, parce que le film d’entreprise marchait moins bien, un festival de courts-métrages documentaires et de fiction. On se rend compte que dans le monde il y a, tous les ans, beaucoup de réalisateurs, de réalisatrices, qui prennent le train comme support. À la fois dramatique, comme support d’histoires, de fictions, et également d’environnement social.

« Je m’en occupe depuis une dizaine d’années avec Valerie Cordier. Là, c’est la 18ème édition de ce festival dans sa forme actuelle. C’est un festival qui s’est pas mal baladé. Il est né à Brioude, dans le Massif central, ensuite il a été à Vendôme, à Saint-Pierre-des-Corps, qui sont des villes très ferroviaires, puis Lille et Paris, où nous sommes depuis 5 ans. Nous sommes à Paris parce qu’on a ici les moyens de proposer au public - dans des cinémas qui sont de vrais cinémas - une programmation, on l’espère, de qualité, avec des films du répertoire, des films récents et des courts-métrages. Notre festival, pour la partie compétition, c’est un festival de courts-métrages.

« Il y a une compétition internationale de courts-métrages. Cette année, il y en a 67, de 27 pays, sélectionnés. Il y a une catégorie fiction et une catégorie documentaire. Il n’y a que 17 films français, ce qui nous plaît bien parce que ça veut dire que les gens – partout - s’intéressent au monde du train. À travers celui-ci, ils expriment leur art.
Pour les longs-métrages, on essaie, tous les ans, de passer à la compétition, mais ça demande des moyens beaucoup plus importants. Ce que nous faisons, c’est que quasiment tous les soirs, nous proposons au public soit des films du répertoire, soit des films plus récents qui n’ont pas vraiment rencontré leur public, ou que nous voulons montrer parce qu’on les aime beaucoup. C’est le cas d’Adieu Gary, par exemple, que nous avons vu à Cannes et qui est superbe. La soirée (jeudi 4 mars à 20h ndlr) sera animée par les gens de Studio Ciné Live et on aura la présence d’une des actrices du film, Sabrina Ouazani. Nous avons également, parmi les  films du répertoire, deux films très intéressants. Un, Sérénade à trois, qui sera présenté par Michel Ciment, de Positif, et l’autre, Berlin Express, qui sera présenté  - ce sera une leçon de cinéma - par Christa Blümlinger, qui est professeur à la Sorbonne, et qui a une unité qui s’appelle Train et cinéma d’ailleurs.

« Le 8 mars (journée de la femme ndlr), c’est une journée où nous passons des programmes essentiellement féminins. Ce qui ne veut pas dire que ce ne sont que des femmes. Mais nous avons une série de courts-métrages : Courts au féminin, dans laquelle nous passons des films qui nous ont plu, qui ont été primés, pour certains, à CinéRail. Par exemple, l’année dernière, le prix du documentaire a été remporté par un film indien, Ladies Special, qui montre un train spécial réservé aux femmes en Inde, où les femmes peuvent s’exprimer avec une entière liberté, où elles chantent, où elles dansent, où c’est vraiment une fête permanente parce qu’elles ne sont pas importunées. Alors ça, c’est un des films. La caractéristique de cette journée, c’est que pour la plupart des séances, c’est gratuit pour les femmes. Nous aurons également, le soir, à 20h, la présentation et l’animation, par Camille de Casabianca, de Pékin Central.

« Pour la sélection, on a un comité, nous avons reçu plus de 600 films en DVD. Nous faisons cette sélection pendant une quinzaine de jours. C'est-à-dire que de 600, il faut revenir à 60-80. Alors, ensuite, se posent des problèmes de choix, par rapport au nombre d’heures dont on dispose dans les salles. Evidemment, le temps est toujours limité. On ne dispose que d’une salle, ce qui fait qu’on ne peut pas passer deux programmes en même temps. Le choix est donc très très très serré. Mais, en même temps, je pense que ce que l’on propose au public, en termes de courts-métrages, c’est d’une très très grande richesse. Voilà pour la sélection.

« Ensuite, il y aura 2 jurys. Il y aura un jury international avec Firmine Richard, qui va être la présidente. C’est une comédienne délicieuse, une fille formidable. Elle a une grande personnalité, donc on est très heureux qu’elle soit la présidente du jury. Il y a aussi la marraine du festival, qui est Camille de Casabianca. Elle présentera et animera deux films dans la semaine : Un étrange voyage d’Alain Cavalier dont elle a signé le scénario, et un film qu’elle a réalisé dans les années 80, qui s’appelle Pékin Central, qui est le premier film de fiction réalisé en Chine. C’est très intéressant car il nous montre comment était la Chine en 83-84. Nous avons  aussi un jury d’étudiants. Ce sont 4 étudiants de l’Eicar, qui vont remettre le prix de l’Eicar. Ce sera un regard jeune et complètement neuf sur tous ces courts dont, en général, les réalisateurs sont de jeunes gens (mais pas uniquement).

« Le court-métrage est à la source un peu de tout. Non seulement on s’essaie avec, mais ça montre aussi une grande qualité d’écriture (retrouvée souvent dans tout ce que nous avons sélectionné).

« Ce n’est pas facile, parce que nous sommes une association loi 1901. Nous avons des partenaires qui nous soutiennent, qui nous permettent d’exister, comme la SNCF, l’Union Internationale des chemins de fer, la mairie de paris, certains médias… La chance qu’on a, c’est que nous sommes uniques au monde. C’est ce qui fait que je pense que nous continuerons d’exister, car c’est un concept un peu naturel, ce n’est pas une invention le train et le cinéma, ça va vraiment très très bien ensemble. Et cela, depuis les débuts de l’histoire du cinéma. D’ailleurs, le premier film projeté, c’est sur l’arrivée d’un train (L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat des frères Lumière ndlr). Donc, bien sur, on continuera d’exister, même si c’est avec certaines difficultés. Je crois qu’il y a cet aspect qui est important. Aussi, nous sommes à Paris…

« Il y a des avantages et des inconvénients à être à Paris. C’est bien parce que c’est très central, parce qu’il y a des étrangers qui peuvent venir, c’est plus facile. Mais, en même temps, l’offre culturelle, à Paris, est énorme. Donc par rapport à d’autres festivals, c’est vrai qu’on a des difficultés, on va dire, de public, parce que le public, à Paris, il est tellement sollicité ! On est très content d’être dans les salles des Ecrans de Paris. Pour l’ouverture et la clôture, nous serons à l’Arlequin, et pour tout le reste du festival au Reflet Medicis, qui est un cinéma mythique dans la rue Champollion. On est très content parce que c’est un gage de qualité, et s’ils nous acceptent, c’est que, quelque part, on montre des films qui sont intéressants. Par ailleurs, les Ecrans de paris, Sophie Dulac, défendent beaucoup les courts-métrages.

 

Merci beaucoup à Etienne Mortini et Marie Barraco pour cet entretien.

Un conseil : courrez au Reflet Medicis assister aux différentes projections !

Pour les infos pratiques : www.cinerail-fest.com


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