Les détracteurs des César 2010
Par Samir Ardjoum le 02/03/2010 (13:58)Florilèges de mots crus autour des César 2010
Gueule ouverte sur le dancefloor du Théâtre du Châtelet. Unanimité des critiques de cinéma, des professionnels de la profession, des autres aussi (le public, sans doute le plus intéressant) : la cérémonie des César fut catastrophique. Rires mitigés, sketchs lourdauds, timing trop lent, et surtout mainmise du Prophète qui énerva bon nombre de personnes.
Dans le Figaro, quelques phrases qui vont devenir des perles : « Les Césars, cela devient comme le générique de fin d'un film : interminable ! La majorité des lauréats passent leur temps à remercier leur maman ! À ce stade, cela devient de l'incontinence. » Dixit Michel Ciment, le doyen des critiques de cinéma, maintes fois taquinés par ses confrères, et posant allégrement son emprise dans la rédaction de la revue Positif.
Plus loin : « Regardez ce jeune Tahar Rahim : il est charmant, mais ses deux césars ont quelque chose d'absurde » soupirait l’acteur Fabrice Luchini. Sans doute qu’Yvan Attal méritait lui aussi sa part du gâteau tant sa prestation surprit le cinéma français en 2009. Peut-être ?
Ensuite, le réalisateur du Concert, Radu Mihaileanu, qui eut une remarque incongrue : « Pendant la cérémonie, je me suis dit que j'aurais bien aimé écrire les dialogues avec quelques copains auteurs et scénaristes pour aider nos amis de Canal + afin qu'il y ait de meilleurs textes, plus drôles même si certains étaient irrésistibles. ». S’il avait remporté le bocson, aurait-il réagi ainsi ?
Les deux meilleurs pour la fin proviennent du même employeur : Europe 1. Dans leurs chroniques quotidiennes, le polémiste Guy Carlier et l’ancien et très bon critique de cinéma des inrocks, Frédéric Bonnaud, reviennent à leur façon sur cette sacrée soirée qui fut catastrophique en terme d’audiences (1,7 million de téléspectateurs cette année contre 2,2 l'année dernière).
A noter ce dérapage de Carlier sur le scénariste Abdel Raouf Dafri qu’il qualifia de lauréat Hallal. D’habitude, son humour m’intéresse, mais cette fois-ci, je questionne la mise en scène de ses propos. Racisme ? Sa remarque a de quoi irriter et intriguer tant l’actualité ne prête pas aux circonstances. Or Carlier n’est pas un méchant bonhomme, lointain cousin de Pierre Desproges et de sa célèbre phrase : « On m’a dit qu’il y avait des Juifs dans la salle ». Finalement, la blague de Carlier est un pétard mouillé, complètement ratée et la maladresse de son mot d’esprit n’a d’égale que la pauvreté de sa blague. Carlier aurait sans doute du réécrire son texte avec Stéphane Guillon. Dur de faire rire aujourd’hui…
Partager :












