Un Américain bien tranquille (Joseph L. Mankiewicz, 1958)
Par Samir Ardjoum le 08/02/2010 (14:08)Une histoire tirée d’une nouvelle de Graham Greene. Un construction narrative signée Joseph L. Mankiewicz. Michael Redgrave en haut de l’affiche. Cela aurait pu donner un résultat si le même Mankiewicz n’avait pas daigné se positionner derrière la caméra. Exceptionnellement, sa vision des choses ne dépassent pas les limites du théâtre filmé !
Tout a été dit autour de ce film et il serait prétentieux de le décortiquer, de l’analyser, et de le dépecer en pointant du doigt les différentes failles que présente Un américain bien tranquille. Réalisé en 1958, cette histoire de guerre qui se déroule en temps d’incertitude a le mérite de se focaliser autour de l’impérialisme américain, encore d’actualité ces jours-ci. En 2010, revoir ce film, foule un sacre coup de flip tant la situation est toujours bancale.
Mankiewicz, en bon scénariste, sait déjouer les pièges de la grandiloquence en confrontant deux idéologies sans pour autant pencher vers un éventuel camp. Redgrave incarne un journaliste anglais, issue de la sempiternelle vieille Europe, salement marié, et dont sa maitresse, une jolie vietnamienne, est à deux doigt de s’amouracher de l’autre idéologie, incarnée par le gauche Audie Murphy. Cet américain est tranquille car doté d’une confiance absolue en sa mainmise. Il est celui qui trouve des solutions à des questions vieilles de 500ans. Mankiewicz, en voulant déterminer cet impérialisme, va l’adapter autour d’une simple histoire à trois pour mieux exposer ses craintes. Le résultat est subtil tant l’intelligence de l’auteur se marie bien avec ses intentions. Pas de déréalisation mais parfois un jeu d’ombres qui frisent l’ennui. Mankiewicz filme platement ses dialogues, oublie effrontément de peaufiner la mise en scène donnant à ses séquences une forme de perfection verbale mais sans grande originalité. Un mouvement de caméra ne signifie pas un travail de mise en propos, mais plutôt une méthode d’aérer l’espace.
Dire de Mankiewicz qu’il est très bon scénariste et correct metteur en scène, serait plus ou moins vrai. Faux quand on voit Le Château du dragon ou bien Soudain l’été dernier ; Vrai quand on voit L’Aventure de Mme Muir et Un américain bien tranquille. A qui la faute, à cet inspiration qui fait cruellement défaut et qui parfois fait remonter une vision planplan de la situation filmique. Le scénario n’est et ne sera jamais l’élément fondamental d’un film. Un américain bien tranquille en est la parfaite retranscription.
BONUS
Hormis une présentation longue et passionnante de Patrick Brion (monsieur cinéma de France 3), aucun bonus !
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