Les regrets (Cédric Kahn)
Par Sonia Dechamps le 03/02/2010 (10:22)« Les regrets », encore un film d'amour - à la française - diront certains, appuyant bien le « encore » pour en faire ressortir un certain manque d'originalité. Et oui, c'est vrai, il est question d'amour, de passion, dans ce film de Cédric Kahn, mais parfois, on peut toucher sans pour autant être particulièrement original. C'est le cas ici.
Après Partir, le spectateur retrouve de nouveau Yvan Attal dans un film traitant de l'universel sentiment amoureux. Mais les deux personnages qu'il interprète respectivement dans ces films, sont bien différents. Et une nouvelle fois, le comédien fait la preuve de la subtilité – et de la force - de son jeu.
Valeria Bruni Tedeschi en douce illuminée n'est malheureusement que moyennement convaincante. Si, dans un premier temps, on trouve du charme à ce personnage taciturne, à son côté enfantin, l'exagération du jeu de la comédienne fait parfois décrocher un spectateur qui peine à se sentir proche de Maya. Peut-être ce rôle aurait-il demander plus de nuances. Un jeu plus effacé aurait, semble-t-il, permis de restituer avec plus d'intensité les sentiments ressentis, aurait permis au spectateur de se sentir encore davantage concerné.
Les regrets... ce sont ceux de Mathieu et de Maya, amants quinze ans avant que ne se déroule l'épisode dont le spectateur est témoin. Les regrets, ce sont ceux faisant suite à la fin d'une relation que l'on sent inachevée, ceux présents quand on a l'impression d'être passé à côté de quelque chose, peut-être à côté de sa vie. Quand Maya, qui a alors une petite fille et vit avec un homme, demande à Mathieu, architecte marié avec une collègue, pourquoi il l'a quittée, au « je ne sais pas... il y a longtemps », succède un « tu me rendais dingue ». Dans Les regrets, les sentiments sont aussi forts que complexes, et oui, aimer peut parfois détruire.
On découvre peu à peu le passé des deux protagonistes. De par le titre, lorsque Mathieu et Maya se rencontrent, quand leurs regards se croisent, on devine bien qu'ils ont un passé commun, un passé loin d'être oublié. La page n'est manifestement pas tournée. Ainsi, alors que Mathieu est invité à diner chez Maya, le compagnon de celle-ci rentre complètement bourré, et lâche, au cours du repas : « Tu sais, quand elle parle de toi on a l'impression qu'elle a vécu avec Lecorbusier ». Et on imagine bien là l'importance de la relation que les deux amants ont pu avoir.
Quand Mathieu et Maya se revoient, il y l'hésitation, et puis l'évidence. Celle de ce qu'ils n'ont pas vécu tout ce qu'ils avaient à vivre ensemble. Aimanté l'un par l'autre, ils s'enlacent, s'embrassent... Et c'est reparti ! Mais pour arriver où ?
BONUS
Le making-of (25 minutes) est certes intéressants - préparatifs, maquillage, tournage... -, mais on aurait quand même aimé entendre davantage le réalisateur et les comédiens sur le film en lui-même, les personnages, la relation entre les deux protagonistes... Entendre des indications de mise en scène, diverses réflexions sur ce qui est tourné, cela laisse un peu sur sa faim, car non, il n'y a pas d'entretiens pour venir « compléter » ce making-of, qui est donc l'unique bonus de cette édition. Pas d'analyses, dommage.
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